Actualités

En Indonésie, les survivantes de la violence basée sur le genre bénéficient de soins inclusifs

calendar_today22 Janvier 2026

Une femme portant un foulard jaune vif couvrant ses cheveux sourit à l'objectif
Rita est déterminée à soutenir toutes les survivantes, et à se tenir à leur côté, quelle que soit leur situation de handicap. © UNFPA Indonésie/Eka Gona Putri

BREBES/SERANG/GARUT, Indonésie – « L’inclusivité, ce n’est pas un luxe », affirme Rita, une conseillère qui travaille avec des femmes et des enfants nécessitant une protection à Serang, sur l’île de Java, en Indonésie. « C’est une nécessité. »

Mais les services de soutien et de protection contre la violence basée sur le genre n'ont pas toujours inclus ni pris en compte les personnes handicapées ou les survivantes d'autres communautés marginalisées. Non pas que les prestataires de services de première ligne aient eu l'intention d'exclure qui que ce soit ; mais les équipes n'étaient pas formées pour prendre en charge les besoins spécifiques de ces survivantes.

Rita se souvient d'un cas difficile ayant récemment impliqué une adolescente malentendante qui avait survécu à des faits de violence sexuelle. Coordonner et gérer son dossier revenait à avancer dans le brouillard, explique Rita.

La douleur de la jeune fille était palpable, mais ses mots restaient inaccessibles : parler avec elle de cette expérience délicate et éprouvante demandait du temps, de la patience et un soutien spécialisé. 

Fort heureusement, Rita et ses collègues avaient tout récemment bénéficié d'une formation auprès du projet Les femmes au centre, mené par l'UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, qui est l'agence de l'ONU chargée de la santé sexuelle et reproductive.

Se concentrer sur les besoins des femmes

Le projet Les femmes au centre vise à améliorer les services de prévention et d'intervention face à la violence basée sur le genre assurés par les conseiller·ère·s, les gestionnaires de cas et les autres prestataires de première ligne de tout le pays. À l'heure actuelle, l'initiative renforce les systèmes de gestion des cas grâce à la formation et au développement professionnels au Salvador, en Indonésie, à Madagascar et au Zimbabwe.

Le programme mondial, soutenu par Takeda Pharmaceutical Company Ltd., fait déjà toute la différence. Rien qu'en Indonésie, plus de 1 200 personnes ont bénéficié de formation, de kits de dignité et de services de gestion des cas au cours des trois dernières années.

« Avant la formation, les moments de doute comme ceux-là étaient comblés par des préjugés », explique Rita. « Mais depuis, nous avons appris à ralentir, à observer et à réfléchir de manière critique. »

Son équipe a utilisé des dessins, fait des gestes, donné des instructions écrites et proposé de longues pauses au calme pour aider la jeune fille comme elle en avait besoin. Rita et ses collègues veillent à s'appuyer sur leurs expériences pour en faire profiter les futures survivantes.

Irma, qui dirige l'équipe d'intervention, explique que son équipe composée de seulement quatre femmes dessert l'ensemble des 29 sous-districts de Serang : « Étant donné le nombre élevé de cas et les ressources limitées, nous faisons en sorte que chaque dossier que nous créons ne soit pas une simple trace administrative dans la gestion des cas. Il devient une source d'apprentissage et un guide des étapes vers le rétablissement pour la prochaine survivante. »

« Mais nous avons appris à ralentir, à observer et à réfléchir de manière critique. » – Rita

Une femme portant un foulard rose couvrant ses cheveux est assise devant une photo de fruits rouges.
Irma dirige la petite équipe de Serang qui vient en aide aux survivantes des 29 sous-districts. © UNFPA Indonésie/Eka Gona Putri 

Coordonner les soins

Le programme Les femmes au centre aide également les gestionnaires de cas à coordonner les soins, depuis les divers prestataires de services aux membres de la famille, en passant par les survivantes elles-mêmes.

Dans le district de Brebes, Firman partage l'histoire d'une jeune femme handicapée dont la famille a hésité à solliciter les services après les faits de violence basée sur le genre dont elle avait été victime. Cette situation est bien trop courante, car les familles et les communautés craignent souvent la stigmatisation pouvant découler d’un signalement officiel. 

Les femmes et les filles handicapées sont particulièrement vulnérables à la violence basée sur le genre, et sont jusqu'à 10 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles par rapport à celles non handicapées. 

L'origine géographique est également à prendre en compte. La famille venait d'un village isolé, où accéder aux services en transport est difficile.

« Nous avons organisé le transport, coordonné les soins avec l'hôpital et les psychologues, et aidé la famille à comprendre pourquoi signaler les faits était important », se souvient Firman.

Une personne assise sur une planche en bois travaille sur une prothèse de jambe. Deux hommes en uniforme marron le regardent.
Firman supervise la production d'une prothèse de pied, un membre artificiel conçu pour aider la personne à marcher et à recouvrer sa mobilité, pour s'assurer que les survivantes handicapées reçoivent l'aide dont elles ont besoin. Avec l'aimable autorisation de Firman. 

Le travail de Firman va bien au-delà des consultations à l'hôpital et de l'aide psychologique. Il aide également les personnes handicapées à bénéficier de soins spécialisés, comme des prothèses.

Cet accompagnement implique de s'adapter aux besoins de chaque personne. « Accès et empathie vont de pair », affirme-t-il. 

« Avoir une structure protège les survivantes. Cela nous protège nous aussi. »

Aujourd'hui, le ministère de l'Autonomisation des femmes et de la Protection de l'enfance et le ministère des Affaires sociales d'Indonésie travaillent avec l'UNFPA pour développer de nouveaux programmes de certification. Ces derniers incluront des formations comme celle proposée par le projet Les femmes au centre, ainsi qu'une supervision structurée, du mentorat et l'implication dans un réseau national de praticien·ne·s.

Un homme portant des lunettes et une femme portant un foulard noir couvrant ses cheveux sont assis sur un canapé marron usé. En face se tient une femme portant un foulard noir sur la tête et une blouse bleue. Elle prend des notes sur une table basse en verre.
Ifa, une prestataire de service du bureau des Affaires sociales, veille à ce que chaque personne soit entendue et à ce que ses besoins soient pris en charge. Avec l'aimable autorisation d'Ifa. 

« Avoir une structure protège les survivantes » – Ifa

Le but est de donner à l'ensemble des prestataires de première ligne une voie claire et structurée à suivre, depuis l'admission et l'évaluation jusqu'à l'intervention, en passant par le suivi et la clôture. Chaque cas sera documenté, suivi et géré de manière collaborative par la police, les hôpitaux, les psychologues et autres.

Au bureau des Affaires sociales de Brebes, Ifa explique comment ces nouvelles pratiques ont transformé son travail : « Avant, on travaillait de façon cloisonnée. Il nous arrivait de travailler sur les mêmes cas. Personne ne savait exactement qui était responsable de quoi », détaille-t-elle. « Maintenant, nous comprenons nos rôles. Nous nous coordonnons avec celles et ceux qui partagent la même vision, et en fin de compte, nous avançons comme si nous ne formions qu'une seule et même équipe. »

Elle réfléchit, puis ajoute : « Avoir une structure protège les survivantes. Cela nous protège nous aussi, et nous aide à intervenir de façon plus stratégique et avec constance. »

UNFPA Global share

Nous utilisons des cookies et d'autres identifiants pour améliorer votre expérience en ligne. En utilisant notre site web vous acceptez cette pratique, consultez notre politique en matière de cookies.

X