TASHKENT, Ouzbékistan – « Lorsqu’on m’a posé ce petit paquet tout chaud sur la poitrine en me disant “c’est une fille”, je n’ai pas pu retenir mes larmes », raconte Gulirano, 24 ans, qui vit à Tashkent, la capitale ouzbek. « C’était ma petite Khadicha. »
Derrière la joie de Gulirano de voir son bébé pour la première fois, il y avait aussi un sentiment de soulagement, après l’angoisse des derniers jours avant l’accouchement.
Lors de sa dernière visite prénatale, les médecins du Complexe maternel n°7 de Tashkent avaient conseillé à Gulirano de rester à l’hôpital à cause de sa tension élevée, qui pouvait être dangereuse. « Je n’avais pas bien conscience du niveau de danger potentiel », explique-t-elle. « Mais lorsque les contractions ont commencé, la peur est devenue bien réelle. Ma tension a commencé à remonter à nouveau. »
Les troubles liés à une tension artérielle trop élevée lors de la grossesse sont la troisième cause mondiale de mortalité maternelle.
« Je tremblais à l’intérieur, j’avais peur pour moi et pour mon bébé. »
Gulirano a été placée sur un lit médicalisé et rattachée à une machine permettant de surveiller à chaque instant le rythme cardiaque de son bébé. « Il battait vite et discrètement, mais il était solide », se rappelle-t-elle. « Cela m’a apaisée. Mon bébé était bien là, vivante. Elle m’attendait. »
Moderniser les soins de santé
Le matériel utilisé pour prendre Gulirano en charge avait été récemment fourni par l’UNFPA, l'agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive. L’UNFPA a livré plus de 2 300 éléments de matériel essentiel à 230 maternités d’Ouzbékistan, notamment des moniteurs cardiaques fœtaux, des tables d’opération et d’autres produits obstétricaux essentiels, qui sont tous dotés d’une garantie de deux ans et dont les pièces ou éléments jetables seront aussi remplacés pendant deux ans.
« Je tremblais à l’intérieur, j’avais peur pour moi et pour mon bébé » – Gulirano
Ces améliorations se font dans le cadre d’une initiative lancée en octobre 2023 par l’UNFPA, le ministère de la Santé et d’autres agences de l’ONU pour moderniser le système national de santé maternelle et néonatale. Des progrès significatifs ont été constatés : le taux de mortalité maternelle a chuté de près de 7 % entre 2023 et 2024, selon les dernières données gouvernementales. La mortalité néonatale a baissé également, tandis que le taux de survie des bébés présentant les poids de naissance les plus faibles a augmenté de 5 % en seulement deux ans.
En plus de cet équipement moderne, l’accouchement de Gulirano a été facilité par la présence de Shoira, une sage-femme formée par l’UNFPA. « Nous avons respiré ensemble, et j’avais complètement confiance en elle. Elle m’a guidée pendant le travail et tout s’est bien passé. »
Soudain, Gulirano a pourtant vu l’expression changer sur les visages des médecins, à cause de la détection d’une hémorragie du post-partum, un saignement grave qui intervient après l’accouchement et qui est la principale cause de mortalité maternelle dans le monde. Dans la pièce, tout le monde s’est immédiatement mobilisé.
« On m’a anesthésiée – je ne me souviens pas des détails médicaux, mais je me souviens à quel point l’opération a démarré rapidement », souligne Gulirano.
Le lit a été déplacé afin que Gulirano soit en place pour l’intervention, sans avoir besoin de la transférer sur une table d’opération : « Shoira m’a dit plus tard que ce sont ces précieuses minutes qui m’avaient sauvé la vie ».
« Je n’étais pas seule dans tout ça »
Entre 2024 et 2025, l’UNFPA a formé plus de 18 000 médecins, sages-femmes et autres prestataires de santé dans tout l’Ouzbékistan, afin de renforcer leurs capacités à prendre en charge les urgences obstétricales en toute sécurité et à sauver des vies.
« La sage-femme m’a dit plus tard que ce sont ces précieuses minutes qui m’avaient sauvé la vie » – Gulirano
L’intervention rapide des médecins ayant pu faire cesser l’hémorragie, Gulirano a pu à nouveau prendre son bébé dans ses bras. En larmes, elle a allaité sa fille pour la première fois.
« Malgré toutes mes craintes, je n’étais pas seule dans tout ça », dit-elle à l’UNFPA. « Ma sage-femme et les médecins étaient avec moi tout du long. Je ne pleurais pas d’angoisse, mais plutôt à cause d’une profonde gratitude. »
Grâce à la fourniture de produits, de formations et de matériel, l’UNFPA s’efforce de faire en sorte que chaque femme puisse accoucher en toute sécurité et, comme Gulirano, vivre un parcours de maternité en bonne santé.