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« Le déplacement m’a pris bien plus que mon foyer » : au nord de la Syrie, femmes et filles témoignent après avoir fui la violence

calendar_today23 Janvier 2026

Sous une tente bleue, une agente de santé est photographiée de profil. Elle est assise devant une patiente, elle-même assise sur un matelas. À côté d’elles se trouvent des équipements médicaux, une pile de couvertures et des cartons au logo de l’UNFPA.
L’UNFPA et ses partenaires ont déployé des équipes de santé mobiles pour venir en aide aux personnes déplacées dans le nord de la Syrie en leur assurant des services de santé sexuelle et reproductive, en leur distribuant des kits de dignité contenant des produits d’hygiène essentiels, et en leur proposant une assistance psychosociale. @ UNFPA Syrie

ALEP, République arabe syrienne – Lorsque les combats se sont intensifiés près de son quartier à Alep, dans le nord de la Syrie, Fatima et sa famille ont dû fuir. Enceinte de huit mois et réfugiée dans un camp de fortune, la mère de trois enfants explique que sa plus grande peur n’est pas le froid glacial, mais ce qui va arriver si le travail commence.

« Je suis inquiète pour ma santé, mais je le suis encore plus de savoir où aller en cas de problème », explique-t-elle. « Le déplacement, ce n’est pas simplement perdre son foyer. C’est perdre son intimité, sa sécurité et l’accès aux soins de santé, surtout quand on est une femme. »

Fatima est l’une des dizaines de milliers de femmes et de filles affectées par la récente flambée de violence et d’insécurité autour d’Alep, qui a contraint un nombre considérable de personnes à fuir, perturbé les services essentiels et fait fermer les hôpitaux.

« Nous avons fui sous les bombardements, avec notre peur pour seul bagage », témoigne Farida, 39 ans, auprès de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, qui est l’agence de l’ONU chargée de la santé sexuelle et reproductive.

« À chaque pas que nous faisions, nous avions le sentiment qu’il pouvait être le dernier. »

Une agente de santé portant une blouse blanche floquée du logo de l’UNFPA dans le dos, portant un foulard beige sur la tête et un masque chirurgical bleu sur le visage, examine un échographe.
Une agente de santé de l’UNFPA assure des soins de santé essentiels dans une clinique d’Al-Hasakeh, au profit des femmes et des filles contraintes de fuir Alep, dans le nord de la Syrie. @ UNFPA Syrie/Haneen Albadran 

Une crise en évolution

L’UNFPA et ses partenaires ont déployé des équipes de santé mobiles pour venir en aide aux personnes déplacées en leur assurant des services de santé sexuelle et reproductive, en leur distribuant des kits de dignité contenant des produits d’hygiène essentiels, et en leur proposant une assistance psychosociale. Les équipes orientent également la population déplacée vers un réseau plus vaste d’aide humanitaire, alors que les gens peinent à trouver un refuge pour s’abriter avec leur famille.

À Alep, quelque 58 000 personnes sont toujours déplacées depuis les récents affrontements entre les Forces de sécurité du gouvernement de transition et les Forces démocratiques syriennes kurdes. L’insécurité s’est également étendue aux zones voisines, notamment dans les gouvernorats de Raqqa et de Deir ez-Zor. Alors que les transports et les services publics sont perturbés, il est encore plus difficile pour les personnes tentant d’échapper à la violence d’accéder à une assistance médicale critique.

Les conditions hivernales ne font qu’aggraver la souffrance : des milliers de personnes souffrent maintenant des températures glaciales, alors qu’elles sont réfugiées dans des camps de fortune, d’anciennes écoles et des bâtiments inachevés dans le nord et le nord-est de la Syrie.

Ruhan, mère de trois enfants originaire d’Alep, a fui avec le peu qu’elle pouvait emporter. « Le froid est insupportable. Ma plus grande préoccupation est de nous garder mes enfants et moi au chaud et en sécurité », explique-t-elle à l’UNFPA, qui lui a permis de bénéficier de services de santé reproductive, d’une aide psychologique et d’un kit de dignité.

Deux femmes assises derrière un bureau en bois sombre remplissent des formulaires et prennent les informations des femmes déplacées et de leur famille.
Dans un quartier d’Alep, les femmes et les filles déplacées à cause de la violence reçoivent une aide médicale en santé reproductive et des kits de dignité, qui comprennent des produits d’hygiène essentiels. @ UNFPA Syrie 

Soutenir les femmes et les filles déplacées

En plus des 7 millions de personnes déjà déplacées dans le pays, 890 000 autres le sont désormais depuis décembre 2025 en raison de la violence intermittente qui touche la Syrie. Tandis que 2 millions de personnes déplacées internes et 1,3 million de personnes réfugiées ont rejoint leur région d’origine, nombreuses sont celles qui retournent dans des communautés où les services de base ont subi des dégâts, sont débordés ou fonctionnent à peine.

Après 14 ans de conflit, de chocs climatiques et de déclin économique, la reconstruction de la Syrie reste fragile et en dents de scie, et les besoins humanitaires sont considérables. Le système de santé est gravement endommagé : seuls un peu plus de la moitié des hôpitaux et un tiers des centres de santé primaire sont fonctionnels. En conséquence, environ 400 000 femmes enceintes se retrouvent en difficulté pour accéder aux services de maternité.

Pourtant, les coupes budgétaires restreignent davantage l’accès aux soins, faisant peser un risque de fermeture sur plus de 100 points de prestation de service de l’UNFPA en 2026. Un investissement international soutenu est essentiel pour restaurer la santé, renforcer les systèmes locaux et soutenir le rétablissement des femmes et des filles syriennes.

En 2026, l’UNFPA lance un appel aux dons à hauteur de 45 millions de dollars pour assurer des services vitaux de santé et de protection aux femmes et aux filles à travers la Syrie.

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